Je voudrais bien remettre les points sur les i et les barres sur les t. C’est juste un petit coup de gueule en passant, je ne développe pas 8000 points polémiques mais seulement une humeur de la journée.
Je réagis suite à l’article d’Éric Nicolier à propos de In My Head de Panoz publié chez Walrus (mais en fait je réagis à plein d’autres articles sur plein d’autres ebooks, c’est juste un exemple).
“Après avoir écarté pages vierges, présentation, notes d’édition, annonces diverses, In My Head contient 28 pages de texte,. Il s’agit donc d’une courte nouvelle qui se lit en un peu moins d’une trentaine de minutes. Combien le livre est-il vendu normalement ? 1,99 €. C’est cher, très cher.”
Donc, apparemment, payer 1,99 € c’est trop cher, TRÈS CHER. Ça me rappelle quand j’achetais des Folio à deux euros. C’est vrai que ça me fendait le coeur de dépenser AUTANT d’argent dans un bouquin… (Y’a pas un vieil adage qui dit également que c’est pas la quantité mais…)
Il va falloir m’expliquer, parce que moi je ne comprends pas, pourquoi payer 2 euros pour un texte est TRÈS CHER sachant que dans la configuration numérique actuelle ni les auteurs ni les éditeurs numériques ne roulent sur l’or et que tout ceci tient plus du bénévolat qu’autre chose. Va falloir aussi m’expliquer pourquoi on n’est pas prêts à mettre deux euros – c’est quand même pas la ruine, je sais pas… c’est moins cher qu’un paquet de clopes… qui mises bout à bout doivent elles aussi se fumer en moins d’une trentaine de minutes – pour un travail qui nécessite des heures d’écriture, de correction et de mise en page (parce que le code, tout ça, personne ne s’en rend compte, mais le code c’est comme le choix du papier, le code c’est comme le choix de l’encre, le code c’est comme le choix du format). Va falloir m’expliquer comment on fera que la lecture numérique se développe si on n’est pas prêts à faire cet “effort”. Alors quel est le Juste Prix ? Quel aurait été le juste prix pour cet ebook ? L’euro symbolique ? 20 centimes ? Au vu de ce que je vois tourner comme ebooks sur les stores, on peut dire qu’il y a quand même pire comme pricing…
Faudrait voir à pas se tromper : c’est pas parce qu’on imprime pas le texte sur du papier qu’il n’y a pas de travail derrière. Alors quoi ? On ne va balancer que de l’ebook gratuit et ceux qui les font gagneront de l’argent comme par magie ? Au vu de tous les services de presse gratis qu’on fait tourner pour pouvoir avoir ne serait-ce que de la visibilité – pas ça qui fait exploser les téléchargements en plus – et au vu du prix des ebooks que les éditeurs numériques proposent (sans DRM, tout ça), si tout le monde réagit comme ça et considère que payer deux euros pour un ebook qu’en plus on juge “de qualité” (cf. la bonne critique du livre) est BEAUCOUP TROP, alors comment on fait ? Payer moins pour lire plus ?
Non mais je pose vraiment la question, comment on fait ? Les auteurs crèveront la gueule ouverte dans l’caniveau – et pis tiens, les éditeurs aussi, y’a pas de raison ! (Ah ben les anti-numériques doivent bien se marrer s’ils lisent ça remarquez, big up à vous). Donc un peu de discernement quand même, et même si là j’en ai pas beaucoup parce que ça me fout la rage, faut quand même savoir que quand vous payez deux euros pour un livre, on est loin d’en voir la totalité de la couleur de l’autre côté de la barrière (je veux dire par là que l’argent est réparti entre les différents acteurs du livre : jetons-nous sur les miettes s’il en reste). Je ne sais pas si c’est de bonne guerre, c’est rien qu’économique tout ça, mais c’est quelque chose qu’il faut garder à l’esprit, toujours.
Voilà, allez je retourne à mes lignes de code, on sait jamais, peut-être que ça peut servir à quelque chose.


J’imagine ton chapeau fulminant de rage et de fumée à l’écriture de ce billet. Bon, l’article ne concerne pas que ce fameux billet mais tant qu’à faire je reviens de même dessus : “1,99€ c’est trop cher” est-il dit, sans oublier que cette publication est tout de même proposée gratuitement contre un tweet ou un message. 2€ c’est aussi le prix d’une barre chocolatée ou d’un paquet de bonbon dans un distributeur SNCF…
La solution la plus évidente : rajouter quelques publicités dans l’ebook, comme le font les magazines de mode…
J’aime pas faire ma promo mais tant qu’à faire parce que c’est sur les mêmes thématiques : Et si l’édition numérique était vraiment l’Apocalypse : http://lesoufflenumerique.wordpress.com/2012/01/10/et-si-ledition-numerique-etait-vraiment-lapocalypse/
Oui, je n’ai pas précisé que la publication était proposée gratuitement via modèle Pay with a tweet… mais ce qui ne change pas grand-chose en soi (dans mon propos “exemple pour une généralité” je veux dire). Donc publicités oui, on y viendra. Ça sera tollé général mais…
C’est en partie pour cette raison que Numeriklivres a pris la décision de supprimer les services de presse au Club de lecture numérique. Compte tenu de notre politique tarifaire que nous appliquons, le fait que nous ne mettons pas de verrous numériques et tout le reste, je ne fais plus de service de presse gratuit. Donc, ton coup de gueule est largement justifié. De toutes façons, je suis assez fatigué de tous ces gens sur le Web qui ne cherchent que la gratuité mais qui sont prêts à payer les prix Goncourt au plein prix avec des DRM à 16€ parce que c’est du Goncourt.
SP gratos me dérangent pas. Mais pas conscience du taf derrière, c’est ça qui me saoule un peu.
“mais qui sont prêts à payer les prix Goncourt au plein prix avec des DRM à 16€ parce que c’est du Goncourt.” +1000, pouvoir de la marque, toujours.
EXCELLENT !
Combien ça coûte un croissant ?
Nombre de secondes pour le fabriquer, rapporté à la masse de croissants qu’on fabrique dans la fournée ?
Nombre de secondes pour le mastiquer ?
In my head : même pas 2 croissants, et ça ne porte pas sur l’estomac. On ne grossit pas, on ne se bousille pas le foie, on n’a pas envie de se taper un café en plus (1.30 euros premier prix). In my head : une bonne histoire pour le prix d’un début de jambon-beurre sans son demi. Moralité : on est mieux nourri, et pour moins cher ! Éric Nicolier, vous avez un peu fait votre petit troll !
Je n’ai pas fait mon troll du tout…
Il y a juste une incohérence de discours de la part des éditeurs numériques qui crient au scandale concernant les prix pratiqués par les éditeurs classiques lorsque ces derniers font une incursion du côté du numérique. Que je sache, dans ce cas, c’est bien le critère du prix qui est retenu comme argument critique.
Je ne vois pas au nom de quoi on ne pourrait pas, dans certain cas, aussi utiliser ce critère pour parfois critiquer un éditeur numérique ?
Je n’ai jamais dit non plus que In my Head était une mauvaise histoire, même si je la trouve trop courte et finalement assez inaboutie.
Bonjour,
Pas du tout question de troll à votre propos (désolée @alabergerie
“Il y a juste une incohérence de discours de la part des éditeurs numériques qui crient au scandale concernant les prix pratiqués par les éditeurs classiques lorsque ces derniers font une incursion du côté du numérique. Que je sache, dans ce cas, c’est bien le critère du prix qui est retenu comme argument critique.”
Le scandale c’est surtout de faire payer un ebook à 18 euros avec DRM.
“Je ne vois pas au nom de quoi on ne pourrait pas, dans certain cas, aussi utiliser ce critère pour parfois critiquer un éditeur numérique ?”
On le peut tout à fait, et ce n’est pas ce que je dis. Je dis qu’il ne faut pas tout confondre : votre chronique est un exemple que j’utilise pour poser la question : êtes-vous (et quand je dis “vous”, je m’adresse à tout le monde) conscients du boulot derrière ? Êtes-vous conscients également du ridicule de la somme dépensée par rapport à ce travail ? C’est seulement ça mon problème. Donc qu’on se plaigne de payer deux euros pour lire… Pour le reste, bien évidemment, toutes les critiques doivent être émises, éditeurs numériques ou pas, et selon les critères que l’on désire.
Et surtout, je me permets de dire ça parce que vous avez fait une critique du livre objective qui fait peser le pour et le contre. Je ne veux pas faire une critique de votre critique, je pointe seulement un sujet qui me tient à coeur.
Éric, c’est votre droit absolu de critiquer le fond mais pas taper sur la politique tarifaire des éditeurs 100% numériques, je ne crois pas que ce soit une bonne chose, non vraiment pas.
Pour faire court.
On a réajusté la politique tarifaire en fonction des volumes et des rétributions accordées par les revendeurs.
C’est simple, un euro, on arrivera pas tenir longtemps en France, c’est du pur bénévolat (même pour le domaine public). Chez Amazon, ça rétribue dans les 25 cents, ce qui ne permet même pas de couvrir les frais. Et il est clairement illusoire de croire que nous allons nous rattraper sur le volume.
Et pour être encore un peu plus clair, vu les volumes en gratuit et les sommes que l’on pourrait faire payer à des marques / entreprises en fonction de ces volumes, on va lentement mais sûrement vers un modèle économique de gratuité financée par la publicité, ce que nous nous interdisons de faire. Je n’ai aucun doute que certains vont s’intéresser au sujet, par contre, et épouser ce modèle au grand désarroi des lecteurs.
Donc oui, on essaye quand même de proposer des prix réalistes, et c’est une position assumée. En contrepartie, on essaye de soigner le livre numérique (qui est un micro-roman, ce qui est clairement spécifié dans la description, et n’a donc vocation à être abouti comme un vrai roman, d’autant que c’est également une opération découverte). Pour “In my Head”, cela signifie 3 jours de boulot intensif sur le code (c’est de l’artisanat), avec des polices de caractère intégrées, une mise en page spécifique, des travaux graphiques, etc. Et encore, en passant par un graphiste, on tape dans les 100 euros l’illustration, ce qui ne sera jamais “remboursé” pour 98% des publications numériques vu que la long traîne ne s’applique qu’aux revendeurs et que pour les éditeurs / auteurs, on reste quand même sur un principe de 80/20. Ceux dans les TOP prennent tous les droits d’auteurs, les autres prennent les miettes.
Bref, clairement, on est sur une asymétrie d’information lecteurs / éditeurs ou auteurs. Le problème aujourd’hui, c’est que le gratuit génère quelque chose comme 80% des téléchargements (minimum) et que plus personne ne veut payer. C’est aussi pour cette raison que j’interviens, pour expliquer dans une démarche amicale.
Et pour info, si les éditeurs numériques peuvent aussi survivre aujourd’hui, c’est parce que les bibliothèques acceptent de leur payer un forfait ou qu’elles offrent des services à côté…
Notre prochain gros défi, c’est de les sensibiliser sur ce point.
D’accord avec Jimmy Panoz, le marché francophone n’est pas assez large pour avoir un nombre de ventes qui permettrait des prix très bas.
Je crois que les internautes et lecteurs en numériques comprennent que le livre ne peut pas être gratuit. Cette question de la gratuité pose la question du statut de l’auteur dans notre société (notemment la société française puisque c’est le plus gros marché en terme du nombre d’habitants) !
Merci pour cet article, le débat est lancé, entretenons-le, débattons de ces questions avec les lecteurs de liseuses et tablettes ! Parce que entre 1,99 et 20 euros, je crois que le lecteur aura compris où est son avantage, non ?
(Comme vous avez tout dit, je rajoute un grain de sel….)Si ya des gennsses qui veulent pas payer un peu pour me lire..yzon qu’à écrire eux-mêmes, y verront comment c’est facile ! Na!
En tout cas, on peut déjà regarder du côté de 40k Books, un éditeur italien qui a la particularité de publier dans plusieurs langues (dont l’anglais) et est spécialisé dans la nouvelle.
Et bien, c’est simple, ils n’arrivent pas tenir un prix de 1 euro / dollar sur la majeure partie de leur catalogue, on en arrive parfois à des tarifs de 2,80 euros pour moins de 10 000 mots.
Et ce n’est pas vraiment une question de choix mais de nécessité. Avec des prix plus bas, ils n’existeraient plus.
Ping : Paumadou » Mise au point sur le « fric » dans l’édition numérique (avec des chiffres dedans)
Ping : Livres numériques by stephmichaux - Pearltrees
Synthèse là-dessus à partir de la Foire de Francfort 2011 : http://www.sobookonline.fr/comptes-rendus-ebooks/foire-de-francfort-33-regard-mondial-et-prix-du-livre-numerique/
C’est en effet bien le “juste” prix qui est difficile à trouver/déterminer compte tenu des perceptions (travail réalisé, matérialité, etc.) que chacun a de l’objet acheté. C’est donc probablement sur ces perceptions qu’il faut jouer.
J’ai mis longtemps à répondre pour tenter d’ordonner mes pensées, mais à mon avis vous vous trompez en critiquant le lecteur ici.
Je crois que peu de gens passant ici seraient prêts à nier le travail important de l’auteur. Ce travail mérite bien plus que la rémunération actuellement espérée en numérique, même en auto-publication ou avec un éditeur qui reverse 50% à l’auteur. Les volumes sont encore faibles, mais même à terme je doute que les romans à 1 ou 2€ soient viables.
J’ai écrit du technique et sur papier, c’est donc très différent, mais même avec un prix à plus de 40€, j’ai du mettre 4 ou 5 éditions sur 5 ou 6 ans avant de considérer avoir été rémunéré au SMIC pour le travail passé. J’ai peur que ce soit encore pire pour un auteur de littérature qui travaille correctement son univers.
Je serai donc le dernier à dire que vous avez tort de râler sur la rémunération des auteurs.
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D’un autre côté, vous me semblez oublier l’autre face de la vente. Le lecteur évalue le prix en fonction du plaisir qu’il a eu à lire, du temps qu’a duré se plaisir, des éventuelles changements personnels qu’il a permis, et éventuellement des réflexions ou de la persistance du texte après la lecture.
La quantité de travail fournie par l’auteur n’intervient pas vraiment dans cette évaluation, et je ne vois pas pourquoi elle interviendrait. En vous battant contre ce lecteur qui veut des prix encore plus bas, à mon humble avis vous vous trompez de combat (d’autant que quel que soit le prix, il y aura toujours des gens pour trouver ça trop cher – même si vous donnez gratuitement).
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Une solution peut être de travailler sur cette valorisation du travail. On peut effectivement mieux expliquer le temps passé à l’écriture. La préface ou la postface peuvent donner un espace à l’auteur pour exprimer combien le travail a été long, ou comment il a travaillé l’univers ou sa réflexion. Ce peut aussi passer de manière plus globale par des billets de blogs ou un travail de l’ensemble des auteurs et éditeurs, mais dans ce cas c’est un travail de fond sur le long terme.
On peut aussi donner une suite à l’univers. Dans le cas d’essais en proposant des liens ou un forum sur les idées mises en avant. Dans le cas d’une fiction en proposant une extension et des informations connexes hors du livre. Ça prend aussi du temps, donc du travail pour l’auteur, mais il est possible que ce travail permette tout de même d’augmenter la rentabilité.
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Une seconde solution peut être de travailler sur la promesse de lecture. Ce que je comprends de ce billet et de la suite de Paumadou, c’est que certains lecteurs n’ont pas forcément compris qu’il s’agit d’un format court, ou découvrent ce qu’est une nouvelle – en comparant à un roman trop court.
En papier le lecteur voir la taille et le contenu du livre lors de l’achat. Un livre trop court ne sera jamais jugé trop cher après lecture : La promesse de temps de lecture est connue à l’avance. Celui qui n’y adhère pas d’achètera pas. Celui qui achète ne s’en plaindra pas.
Ici en numérique c’est peu clair. On peut tenter de trouver un équivalent en nombre de pages mais ce n’est pas toujours fait, et pas toujours fiable. Même pour le lecteur, il n’est pas dit que ce soit vraiment compris. On peut aussi mettre mieux en valeur un temps de lecture indicatif.
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Enfin, il faut aussi accepter que, surtout dans le domaine artistique et intellectuel, certains travaux chers à produire n’ont que peu de valeur au final.
Peut-être que les gens ne sont pas près à acheter des nouvelles sous forme unitaire et attendront des recueils. Peut-être même que ce genre n’est plus dans les attentes des lecteurs parce qu’ils y attribuent une trop faible valeur.
Critiquer le lecteur qui trouve la nouvelle trop chère n’y changera rien. Soit on trouve un mécène, soit on produit pour le plaisir, soit on fait autre chose (plus court, plus long, forme différente).
Cette confrontation entre le coût de production et le prix acceptable pour l’acheteur n’est pas spécifique aux auteurs. De nombreux métiers s’y sont confrontés. Parfois des types d’oeuvres disparaissent, ou deviennent confidentielles. Parfois la société se rend compte du manque et finit par y réattribuer plus de valeur. Parfois non et alors on passe à autre chose.
Je suis globalement d’accord avec tous ces points.
Au final, on en revient toujours à la même chose : l’éducation (au) numérique. Elle ne se fait pas en un jour. Les mentalités et les habitudes sont tenaces et profondément ancrées dans nos comportements d’achat et de consommation culturelle. Le texte numérique n’y échappe pas. Je ne suis pas naïve et je ne “critique” pas le lecteur, je l’engueule – grosse nuance. Je l’engueule pour qu’il se réveille, parce que bien sûr on ne peut pas le forcer à avoir conscience du travail qu’il y a derrière un livre, mais s’il a le droit de dire que deux euros c’est très cher, j’ai le droit de lui rétorquer que ça me sidère qu’il le pense vraiment. Au final, valorisation (transmedia par exemple, comme le fait Balek avec sa série le Waldganger), promesse de lecture (effectivement, la notion de page n’existe plus, la notion de temps est bien plus significative cf collection 45 minutes Numériklivres par exemple) etc. je suis d’accord, tout à fait d’accord. Mais valorisation est encore un travail qui demande du temps (et donc de l’argent… … et on ne peut pas le faire avec tous les livres !). Sur le papier ça fonctionne (enfin, sur le papier…) mais en réalité, cela met le doigt sur autre chose : l’investissement personnel de l’auteur (son envie et sa capacité à pouvoir créer un univers à partir de son livre).
Alors je comprends bien qu’il ne faille pas voir les choses de ce côté-ci de la lorgnette, car on imagine jamais le boulot qu’il y a derrière tout “objet” (je n’ai aucune idée de combien d’heures auront été nécessaires pour fabriquer l’ordinateur sur lequel je bosse) mais il est bon parfois de mettre les pieds dans le plat.
“Critiquer le lecteur qui trouve la nouvelle trop chère n’y changera rien. Soit on trouve un mécène, soit on produit pour le plaisir, soit on fait autre chose (plus court, plus long, forme différente).” —> Ne pas le critiquer non plus. Si je lui gueule un peu dessus, peut-être qu’il prendra conscience de quelques petites choses. Déjà une victoire pour moi. Que je passe pour une folle furieuse ensuite ne m’importe pas
Le mécène, le plaisir… euh, comment dire… au pays des Bisounours ? Autre chose… c’est ce que nous faisons. On tente.
Donc tout passe par cette éducation au numérique qui tend à émerger mais qui pour l’instant se heurte à nos schémas habituels de consommation culturelle. Plus c’est “gros” plus ça doit être cher. Et surtout, on a encore trop peu de moyens de comparer ce qui est de qualité de ce qui ne l’est pas. Ou alors, on prend trop peu le temps de le faire.
Idem, comme le disait très bien Walrus sur Twitter, nous n’avons pas la même notion de l’argent “virtuel” et “réel”. Que valent deux euros sur Internet et que valent deux euros dans mon porte-feuille ?
Entièrement d’accord avec la Dame au Chapal. 1,99 €, ce n’est rien, même pour une nouvelle de 28 pages. Moi, je vends un roman qui en fait 245 dans sa version papier pour 3€05 en numérique. J’ai hésité à fixer un prix à 0,99 € avant de le mettre en ligne via Amazon et Smashword. Après tout, des auteurs américains comme Amanda Hocking et John Locke ont vendu plus d’un million de livres à 0,99 $. Un bas prix est un des éléments qui permettent aux livres publiés directement en numérique de trouver des lecteurs. Soit des radins, soit des gens qui veulent “essayer” un auteur inconnu sans prendre le risque d’être déçu et de regretter leur argent. (J’enrage quand j’ai dépensé 20 € pour un bouquin et que je découvrea que c’est u n navet.) Aux Etats-Unis, il y a des tonnes de bons livres dans cette catégorie, qui grignotent petit à petit les ventes des bouquins “papier” (voir les statistiques mars-septembre 2011 de l’Association américaine des éditeurs ici: http://davidgaughran.wordpress.com/2011/12/14/publishers-desperately-trying-to-protect-print-sales-and-failing/ ! Mais quand même, un petit Euro… Cela aurait une sorte de dénigrement personnel. Mon travail méritait un peu plus que celui d’une madeleine. En tout cas le prix d’un café.
Un petit mot pour renvoyer a cet article. Ils ont parle de l’ebook sur NPR l’autre jour – je vis a Atlanta – Et StoryLab a traduit l’article en francais, je pense que ca peut completer ton article :
http://www.storylab.fr/Actualites/Short-stories-novellas-textes-courts-les-nouveaux-formats-editoriaux-adaptes-au-numerique-veritable-phenomene-culturel-aux-Etats-Unis-4708